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Eric Dupin condamné dans l'affaire Fuzz / Olivier Martinez

Hier, Fuzz.fr, l'agrégateur de news propriété d'Eric Dupin, a été condamné à verser 1000€ de dommages et intérêts et 1500€ de participation aux frais de justice pour atteinte à la vie privée de l'acteur Olivier Martinez.

Qu'on se rappelle
Olivier Martinez avait attaqué Fuzz et son éditeur, Bloobox, leur reprochant d'avoir publié une info renvoyant vers un lien people qui évoquait une potentielle liaison entre l'acteur et Kylie Minogue.
L'annonce du dépôt de plainte avait provoqué le mécontentement de nombreux bloggueurs, et donné lieu à une campagne intitulée "J'aime pas Olivier Martinez", pour protester contre l'assignation d'Eric Dupin, créateur de Fuzz et responsable du blog Presse-Citron. L'enjeu derrière : la défense du web 2.0. et de son principe fondamental, à savoir la libre participation des internautes.

La condamnation d'Eric Dupin : un pavé dans la mare
En considérant Fuzz non plus comme un simple agrégateur mais bien comme un éditeur de contenus, le tribunal, note Le Journal du Net, met à mal la loi de 2004 sur l'économie numérique qui protège par défaut les sites communautaires en leur accordant un statut d'hébergeur, non responsable des contenus publiés.

Pour la suite
La décision risque de faire jurisprudence et implique, qu'on le veuille ou non, un tournant dans le principe des sites communautaires, reposant la question essentielle : qui est responsable des contenus sur internet ? Mais justement : est-il vraiment pertinent de chercher un responsable des contenus sur un agrégateur de news? N'est-ce pas justement mettre à mal le principe même d'un agrégateur ? Comment désormais pourra-t-on concilier le phénomène communautaire et l'obligation d'une "responsabilité éditoriale"? Le débat est résolument ouvert.

Des t-shirts pour Eric Dupin ?
En attendant, Eric Dupin, sur son blog, remercie aujourd'hui chaleureusement l'ensemble des blogueurs qui l'ont soutenu dans cette affaire, et lui ont même proposé de participer aux frais de justice. Mais, plutôt que de faire l'aumône, Eric Dupin propose une idée détournée : mettre en vente un T-shirt logoté Fuzz ou presse-Citron. Les bénéfices de la vente permettraient indirectement pour lui de rentrer dans ses frais ... et aux bloggeurs d'être habillés 'solidaires web 2.0'.
Alors, vous en pensez quoi?

Via Le Journal du Net
 

E-bay boycotté par ses utilisateurs





Les utilisateurs d'E-bay semblent bien remontés. Ils ont décidé de boycotter le site durant une semaine, du 18 au 25 février.
En cause, la suppression des évaluations acheteurs/vendeurs, que John Donahoe (le nouveau big boss) a déclaré contre-productives. En l'occurrence, il semble oublier que c'est l'internaute et sa transparence qui ont fait d'E-bay ce qu'il est devenu. L'objet de cette campagne est donc de le lui rappeler. Entre autres griefs, on reproche également à la firme de faire la part belle aux vendeurs professionnels en augmentant les taxes au détriment des petits vendeurs.
En outre, les plaintes d'acheteurs ou de vendeurs floués ont considérablement augmenté ces derniers temps, et ce sans qu'e-bay ne semble s'en émouvoir le moins du monde. Le fait est qu'acheter ou vendre sur E-bay n'est plus aussi sur qu'il y a quelques années de cela. Cet énorme marché (presque 100 millions d'inscrits) sur lequel s'échangent chaque mois plus de 200 millions d'objets ne pouvait pas rester indemne ad vitam eternam (le temps pour la kaïra de s'informatiser, quoi !)
Et quand bien même on peut penser qu'en proportion du volume d'échange, l'augmentation de la fraude n'est pas extrêmement significative, le malaise des utilisateurs n'en demeure pas moins bien réel. Et E-bay serait peut-être bien inspirée de ne pas trop faire la sourde oreille à leurs revendications, à moins qu'elle n'ait envie de vérifier l'adage selon lequel ce qu'internaute fait, internaute peut défaire... (Les paris sont ouverts !)
 

Peut-on qualifier la création web comme étant un art ?


Nous avons la culture du lourd et du long. Des milliers de tonnes pour une cathédrale et souvent un siècle pour aller au bout. Aujourd’hui, on croque une idée à l’ordinateur le temps qu’un œuf soit « coque » ! Est-ce dire que la création artistique ‘on line’ soit un ersatz d’art ?

Parce que le numérique serait immatériel ? Nous n’aurions plus la main sur le marteau ni le pinceau ? Dès lors, l’art ‘numérique’ n’en serait pas un ? Un artiste a répondu à la question, alors qu’Internet n’existait pas : Pablo Picasso. Voir le film de Henri-Georges Clouzot (1956).

Qu’y découvre-t-on ? L’apparition de l’éphémère en art ! La mutation de propositions fugitives, le contraire de la minéralisation, donc. Du monothéisme définitif, du ‘one way art’. On assiste à très grande vitesse à un éclatement dans l’œuvre elle même, à son interminable succession de versions bêta. Chacune allant, impertinente, plus loin, ailleurs. Et c’est en cela que Picasso prédit le Web design et le légitime par son génie. Un génie qui nous rejoue, moqueur, le commencement du monde.

Le Web entre en ligne de compte là. Parce qu’il multiplie les possibles, mais sans en perdre aucun, comme un intégrateur de tous ce qui faisait la création avant. On se rappelle cette anecdote : un journaliste demande à Jean Cocteau « Le Louvre brûle, quel tableau sauvez-vous des flammes ? » Réponse : « Le feu ! »
 

Internet vu en 1995 par Ariel Wizman ...

Notre métier à beaucoup évolué ces dernières années à une vitesse folle mais il est parfois intéressant de jeter un regard dans le rétroviseur pour voir comment Internet était perçu au siècle dernier.

Je vous laisse apprécier ce reportage en faisant abstraction des coupes de cheveux et des chemises ...

C'etait en 1995 sur le plateau de Ca Se Discute avec un Ariel Wizman toujours en avance sur ton temps (et un petit cadeau à la fin avec un étrange écran plat !):



Je trouve qu'il y a un peu de War Games dans cet extrait !

 

Des enjeux de l'information



La presse écrite souffre et se plaint de la tendance des lecteurs à déserter les kiosques au profit de leurs écrans d'ordinateur. La bascule inexorable des crédits annonceurs vers la toile menace son existence même. Elle tire l’alarme et voudrait ancrer dans les esprits qu’avec elle, ce ne sont rien moins que l'expertise et l'objectivité qui vont disparaître de l’information à court terme.

En effet, l'organisation en réseaux du web2 tend à regrouper des individus partageant les mêmes opinions, que ce soit par confort, par paresse intellectuelle ou plus simplement par esprit grégaire, et, bien évidemment, la subjectivité est au cœur de ces sites participatifs, jusqu’à en être parfois le moteur. Le blog, c’est avant tout un formidable vecteur de potins et rumeurs en tous genres. Comparé à la presse écrite, c’est en quelque sorte un peu comme si le courrier des lecteurs avait été élevé au rang de ligne éditoriale. Aucune contrainte déontologique ne vient perturber le blog, et personne ne posera la question de la fiabilité de ses sources : si tout le monde le dit, c’est que ça doit être vrai.

Le point fort d’un blog, c’est avant tout son côté spontané et réactif. Pour plaire, il doit avoir un concept original, du caractère. Le fait que la fiabilité et la qualité de l’info laisse souvent à désirer ne fera pas pour autant baisser l’audience. La majeure partie des blogs fonctionnent sur le modèle du lobbying : Ils ne sont pas influents par référence, mais par agrégation. Pour faire un parallèle, c’est un peu comme si on publiait le résultat d’un sondage sans dire que c’est un sondage ni même en exposer les questions: si tout le monde le pense, c’est que ça doit être vrai.
L’enjeu d’un blog n’est d’ailleurs généralement pas l’information (tout du moins pas dans le sens où l’entend la presse traditionnelle) mais le trafic. Et pour le générer, tous les moyens ou presque sont bons. L’audience, c’est là que réside le vrai pouvoir. Politique et financier. Avec 1.000.000 de pages vues par mois, non seulement vous êtes influent, mais en plus, vos espaces pubs se dealent comme des petits pains.

Le journalisme tel qu’il a été fondé dans les années 70 a vécu : si nombre de journalistes se sont évertués à garder une certaine objectivité dans le traitement de l’information, beaucoup ont aussi dû avaler des couleuvres et parfois leur fierté pour pouvoir continuer d’exister, tout du moins le croyaient-ils … Car pour exister en tant que journaliste, il convient tout de même, dans l’absolu, d’être indépendant. Une fois l’indépendance perdue, vous êtes logiquement en sursis et votre crédit s’émousse car votre mission n’est plus que partiellement accomplie, que ce soit par manque d’objectivité ou par pieuse omission. Et là, ça n’est quand même pas de la faute d’Internet. L’indépendance, c’est un choix, souvent difficile à assumer, mais qui conditionne sine qua non le label « Journalisme ». En outre, et pour autant que je sache, en France, les deux dernières publications totalement indépendantes des annonceurs et des groupes de presse (Marianne & Le Canard Enchaîné) ne se portent pas si mal.
Les rédactions voudraient nous faire croire que le web finira par avoir la peau du journalisme d’investigation, alors qu’elles se sont depuis longtemps déjà tiré une balle dans le pied. Elles ont beau jeu d’utiliser des grands mots tels que « dictature de l’imagerie populaire » après en avoir pratiquement inventé le concept. Certes, sur le web, l’information n’est jugée pertinente que si elle a été plébiscitée par les internautes, mais au moins la censure et l’auto-censure n’ont pas lieu d’être.

L’un dans l’autre, cela ne revient-il pas à responsabiliser le lecteur dans l’interprétation de ce qu’il lit ? Ne serait-ce pas justement ce qu’il cherche ? Se faire une opinion par lui-même, y compris en prenant des raccourcis et en se dédouanant d’une analyse profonde et pertinente ? Quoiqu’il en soit, dans sa quête d’information, il aura tout loisir d’analyser une multitude de thèses contradictoires propres à forger sa conviction, et il pourra en prime promouvoir cette conviction en participant aux débats qu’il aura choisis. Du point de vue de l’utilisateur, c’est quand même un peu plus motivant que la simple lecture d’un article de presse qui ne dispose même plus d’une vraie caution journalistique. En témoigne le succès du Huffington post : ce blog à vocation citoyenne est devenu en 2 ans le 5e site mondial en terme de popularité, avec un concept simple : fédérer les bloggers de talent autour de l’actualité. Aujourd’hui sa fondatrice se retrouve en position de maintenir les médias américains traditionnels sous pression. Simplement avec la contribution de libres penseurs avertis, elle a constitué un véritable contre-pouvoir. Il va de soi que les journalistes sont parmi les premiers à contribuer (généralement de façon bénévole) sur ces tribunes libres, quand ils n’en sont pas directement les instigateurs. En France, des blogs tels que Rue 89, A.S.I., le Contre journal ou Latélélibre ont été initiés par des journalistes professionnels et connaissent aujourd’hui un certain succès d’estime. De surcroît, les publications ont aujourd’hui quasiment toutes leurs pendants sur la toile, généralement couplés à des forums, des blogs ou des podcasts. Même si les formules se cherchent encore un peu (abonnement, archives payantes, gratuité…) le fait est qu’elles ont toutes opéré ce changement de cap, et que celles qui ne l’ont pas encore fait se retrouvent au pied du mur.

Ceux qui en sont encore à focaliser sur la perspective « expertise versus amateurisme » se trompent de problème : il arrive aujourd’hui régulièrement qu’un journaliste professionnel se fasse moucher (preuves et sources à l’appui) par un simple citoyen, légitimement heureux d’avoir pu enfin prendre la parole. C’est ce que la presse traditionnelle a mis longtemps à comprendre : elle ne saurait avoir le monopole de l’expertise et de la pertinence. Et au lieu de continuer à se plaindre de son sort, elle ferait mieux de terminer sa remise en question et de se recentrer sur ses fondamentaux : fiabilité des sources, déontologie, objectivité et indépendance. C’est là que le web lui laisse encore un boulevard, car s’il est indépendant, il est aussi terriblement subjectif et déontologiquement souvent très limite. L’aventure du Huffington Post nous le montre clairement : il y a de la demande pour une information éclairée. Finalement, peu importe que le support papier soit amené à disparaître, on aura toujours besoin de vrais journalistes, épaulés ou critiqués par de vrais citoyens, avides de vraie information. Mais pour occuper ce terrain, il serait peut-être grand temps pour la presse d’affirmer plus clairement ses positions. Quant aux rédactions des JT, qui ne semblent pas encore sentir le vent tourner, elles seront elles aussi immanquablement rattrapées par cette problématique. Le sursis sera même de courte durée, car la décennie qui arrive verra l’avènement des Web TV’s, parmi lesquelles émergeront fatalement de nouvelles références en termes d’information.

Et servir la soupe deviendra un métier à part entière, voire un sacerdoce …
 

Ces hommes qui construisent le web - Les enjeux du web : le client et l'internaute (3/3)

Suite des billets Les Pionniers du web et Aujourd'hui, le temps des spécialistes

3. LES ENJEUX DU WEB : LE CLIENT ET L'INTERNAUTE

Le modèle des agences est aujourd’hui stabilisé. Il est désormais possible d’y intégrer pleinement le client. La mise en place d’une relation pérenne agence-annonceur est aujourd’hui garante de la meilleure efficacité du marketing interactif : sans cesse en évolution et désormais tributaires de l’internaute, les dispositifs web n’ont plus en effet de sens que sur le long terme.

  • 3.1 Une culture commune, des ambitions partagées

  • Le chemin parcouru par les annonceurs (intégration des compétences puis retour à l’outsourcing) leur a donné l’expérience nécessaire pour maîtriser les dispositifs. Les annonceurs continuent d’organiser et de recruter des spécialistes du web ; mais leurs cellules interactives se sont recentrées sur l’expression de leur besoin (briefs), le suivi et la fourniture des éléments nécessaires à l’élaboration de leur projet. Le dialogue peut enfin commencer avec les agences web.
    Les consultants des agences web retrouvent ainsi leur pendant coté annonceur. Des dispositifs interactifs complexes, ambitieux et surtout plus performants peuvent ainsi être mis en place.

  • 3.2 Des engagements mutuels clé de la réussite

  • Parce qu’Internet est un média vivant par excellence, un nouveau type de relation agence-annonceur voit le jour.
    Les dispositifs interactifs, sans cesse en évolution, nécessitent un nouveau type de contrat, reposant sur une prestation de service qui s’étend dans le temps.
    L’implication de l’annonceur devient une priorité pour les agences. La signature d’une charte d’engagement des parties est garante de la pertinence des dispositifs.

  • 3.3 L'internaute, nouveau cheval de bataille des agences et annonceurs

  • Web 2.0, vulgarisation des outils et appropriation du média par les consommateurs finaux, autant d’éléments qui font évoluer le marketing interactif.
    Agences et annonceurs doivent ainsi composer avec un nouvel élément, un nouveau profil, a priori incontrôlable : l’opinion des internautes… La boucle est bouclée. Véritable révolution où la stratégie ne se conçoit plus à sens unique mais est soumise au jugement des utilisateurs finaux, s’alimente de leur retours voire se repose sur leur participation. En termes de compétences, une nouvelle étape est franchie : les profils sont infinis et uniques, mais tous sincères, « j’achète donc je peux juger, je peux participer ».
    Les agences prennent en compte ce nouveau paramètre dans leurs dispositifs. Mais, au-delà de la stratégie des agences, c’est l’ensemble des collaborateurs qui se doit d’évoluer : en plus de leur approche professionnelle, ils se retrouvent juge et arbitre, consommateurs potentiels, leur avis d’un soir après le boulot pouvant influencer le dispositif du lendemain au travail.
    A ce titre, les annonceurs, autant que les agences, doivent aujourd’hui intégrer cette nouvelle dimension stratégique.


Si la communication et le marketing interactifs sont passés par plusieurs étapes avant de se structurer réellement, on ne peut pas dire que l’aventure s’arrête là…
La mutation constante du média Internet donnant naissance à de nouvelles spécialisations, on peut facilement imaginer les métiers de demain : spécialistes du comportement des internautes tel que sociologue ou psychologue interactif ; réalisateur web (au sens cinématographique du terme) ; animateur de TVweb ; le tout accompagné de nouvelles sous spécialisations en fonction du type de dispositif (e-commerce, viral, branding, corporate…).
Une chose est certaine : bon nombre d’acteurs professionnels sont conscients que cette aventure n’en est encore qu’a ses débuts et c’est bien cela qui participe à renforcer leur passion pour le média. Le champ des possibles est infini et l’imprévisible toujours au coin de la rue (pour exemple la mutation opérée grâce au Web 2.0 et le rôle des consommateurs finaux dans les stratégies de communication).